Quelques extraits des Mémoires d'Outre-tombe de Chateaubriand...

Quelques extraits des Mémoires d'Outre-tombe de Chateaubriand...
La vision de l'histoire très intéressante et sophistiquée de Chateaubriand :

Au surplus, s'il est bon d'avoir quelques principes arrêtés en prenant la plume, c'est selon moi une question oiseuse de demander comment l'histoire doit âtre écrite: chaque historien écrit d'après son propre génie: l'un raconte bien, l'autre peint mieux; celui-ci est sentencieux, celui-là indifférent ou pathétique, incrédule ou religieux: toute manière est bonne, pourvu qu'elle soit vraie. Réunir la gravité de l'histoire à l'intérêt du mémoire, être à la fois Thucydide ou Plutarque, Tacite et Suétone, Bossuet et Froissard, et asseoir les fondements de son travail sur les principes généraux de l'école moderne, quelle merveille! Mais à qui le ciel a-t-il jamais départi cet ensemble de talents dont un seul suffirait à la gloire de plusieurs hommes? Chacun écrira donc comme il voit, comme il sent; vous ne pouvez exiger de l'historien que la connaissance des faits, l'impartialité des jugements, et le style, s'il peut.
Maintenant l'histoire est une encyclopédie; il y faut tout faire entrer, depuis l'astronomie jusqu'à la chimie; depuis l'art du financier jusqu'à celui du manufacturier; depuis la connaissance du peintre, du sculpteur et de l'architecte jusqu'à la science de l'économiste; depuis l'étude des lois ecclésiastiques, civiles et criminelles, jusqu'à celle des lois politiques. L'historien moderne se laisse-t-il aller au récit d'une scène de moeurs et de passions, la gabelle survient au beau milieu; un autre impôt réclame, la guerre, la navigation, le commerce, accourent.

Quelques lignes à propos de Madame Récamier, dans une perspective on ne peut plus romantique:

Mais ai-je tort dit Othello dans l'Itinéraire sur ce voyage commencé au port de Desdemona et d'Othello? Allais-je au tombeau du Christ dans les dispositions du repentir? Une seule pensée m'absorbait: je comptais avec impatience les moments. Du bord de mon navire, les regards attachés sur l'Etoile du soir ( comme Léandre), je lui demandais des vents pour cingler plus vite, de la gloire pour me faire aimer. J'espérais en trouver à Sparte, à Sion, à Memphis, à Carthage, et l'apporter à l'Alhambra. Comme le coeur me battait en abordant les côtes de l'Espagne! aurait-on gardé mon souvenir ainsi que j'avais traversé mes épreuves? que de malheurs ont suivi ce mystère! Le soleil les éclaire encore; la raison que je conserve me les rappelle. Si je cueille à la dérobée un instant de bonheur, il est troublé par la mémoire de ces jours d'enchantement et de délire.

# Posté le mardi 26 février 2008 08:34

A lire: Alain Madelin: Quand les autruches relèveront la tête.

A lire: Alain Madelin: Quand les autruches relèveront la tête.
Présentation de l'éditeur :

Excusez-moi si je dérange...c'est vrai, j'appelle un chat un chat, une injustice une injustice, un passe-droit un passe-droit...une sclérose syndicale une sclérose syndicale. Derrière nos déficits financiers, il y a des déficits de vérité et de courage.
On a trop longtemps pratiqué la politique de l'autruche et refusé de regarder les réalités en face. Une nouvelle aristocratie d'Etat s'est installée au c½ur du pouvoir. C'est elle qui fait obstacle aux réformes nécessaires.

Si je me suis engagé parmi les premiers auprès de Jacques Chirac, c'est avec l'espoir d'un changement fort. Un espoir dont je me sens aujourd'hui comptable auprès des Français.

A la suite de mon départ du gouvernement, j'ai reçu des dizaines de milliers de témoignages d'encouragement. Les français en ont assez de « se serrer la ceinture », mais ils sont prêts à « se retrousser les manches ». Ils sont prêts aux réformes, pourvu qu'ils en comprennent le sens. Pourvu qu'on sache les entraîner. Les réformes ne sont pas une punition mais une chance. Une chance pour tous.

En politique, il faut savoir ce que l'on veut. Quand on le veut il faut avoir le courage de le dire et quand on l'a dit, il faut avoir le courage de le faire. Le courage des vraies réformes.


Parmi mes passages préférés (page 200-201) :

Tout au long de cet entretien, vous nous avez expliqué vos idées et vos projets. Vous aimez, semble-t-il, expliquer et convaincre. Mais ne prenez-vous pas le risque d'être une nouvelle fois, cantonné dans le rôle d'agitateur d'idées ?

Dès lors que l'on refuse le prêt-à-penser, il est sûr que l'on dérange. Mais, en réalité, les idées que je défends sont des idées très répandues dans le monde et les solutions que je propose sont souvent mises en ½uvre ailleurs avec succès. On me dépeint parfois comme un libéral sans nuances. En Allemagne, j'apparaîtrais sans doute comme un chrétien-démocrate raisonnable.
Je me sens à la fois libéral et social. Libéral, parce que je fais confiance à l'homme, à son initiative, à sa liberté, et parce que je souhaite qu'il occupe une place toujours plus importante dans notre société. Social, parce que je cherche à réunir progrès social et progrès économiques, générosité et prospérité, solidarité et liberté. Avec toujours la volonté de ne laisser personne au bord du chemin.

Vous avez employé le mot « libéral ». Avez-vous conscience qu'en France ce terme n'a pas bonne presse, y compris à droite ?

Je me sens profondément libéral, mais de quelle liberté parlons-nous ? La liberté sauvage, la liberté aveugle, sans foi ni loi, n'est pas la mienne. Ma liberté, c'est la liberté par la responsabilité personnelle.
Aux origines de la pensée dont je me réclame, il y a cette apostrophe d'un marchand malouin, -François Legendre -à qui Colbert demandait un jour ce qu'il devait faire pour favoriser le retour de la prospérité en France.
Le réponse est restée célèbre : « Laissez-nous faire. » C'était là une formule déjà révolutionnaire, car elle signifiait : « Laissez-nous agir, supprimez toutes les entraves qui sont devant nous ! » Ce n'était pas l'expression d'un laisser-aller, mais une revendication forte : « Laissez-nous prendre nos responsabilités. »

Qui revendique cela aujourd'hui ?

Mais tout le monde ! Aujourd'hui, cette exigence de responsabilité revient avec force. Jamais nos compatriotes n'ont éprouvé aussi consciemment le désir d'exercer leurs capacités d'initiative et de choix. Beaucoup d'entre eux, les jeunes en particulier, ont renoué avec l'esprit de conquête. Ils veulent prendre toute leur place dans notre société. Ils ne sont plus disposée à accepter les contraintes administratives, les restrictions réglementaires, les exigences bureaucratiques que leurs aînés, hier, acceptaient sans rechigner. Ils exigent davantage d'autonomie. Laissons-les prendre toute leur place.


Alain Madelin: Quand les autruches relèveront la tête.
Entretiens avec Joseph Macé-Scaron et Yves Messarovitch.


Alain Madelin, avocat de profession, a été ministre de l'Industrie en 1986, ministre des Entreprises en 1993, puis ministre de l'Economie et des Finances en 1995. Il a démissionné le 25 août 1995.

# Posté le mardi 26 février 2008 05:15

Modifié le samedi 29 mars 2008 10:14

WHAT FRANCE NEEDS

WHAT FRANCE NEEDS
La politique mise en ½uvre par Margaret Thatcher en Grande Bretagne consiste à réactiver les mécanismes de marché, en s'attaquant aux syndicats "conservateurs",réfutant toute volonté de changement et dont le poids fût trop lourd dans la vie des entreprises, en privatisant des entreprises publiques et en réduisant les dépenses de l'Etat.

Son objectif était de moderniser l'économie britannique en acceptant la disposition des secteurs d'activité déficitaires et en obligeant les entreprises publiques et privées à s'adapter aux nouvelles formes de la concurrence mondiale.

Admiratrice de l'école autrichienne, des monétaristes, citant Bastiat, Margaret fût la première chef du gouvernement à oser appliques avec fermeté une politique conforme aux principes du libéralisme économique, d'où son surnom de la Dame de Fer.
Elle alla plus vite et plus loin que Raymond Barre en France (Premier ministre de 1976 à 1981) et que Ronald Reagan (POTUS de 1981 à 1988), qui pourtant s'engagèrent, eux aussi dans la voie du néolibéralisme économique.

Elle a donné naissance à la doctrine appelée Thatchérisme, dont entre autres, Major s'en inspira...L'action du Premier ministre Blair fût clairement influencé par le thatchérien John Major.

Mme Thatcher fût première ministre d'Albion de 1979 à 1990. Précédemment, elle exerça entre autre, le poste du ministre de l'Education.

" En politique, si vous voulez des discours, demandez à un homme. Si vous voulez des actes, demandez à une femme. " Extrait d'une interview en 1975.

" Vous pouvez avoir à livrer la même bataille plus d'une fois pour la gagner. "

# Posté le lundi 25 février 2008 05:35

Modifié le samedi 29 mars 2008 10:14

Quelques lignes d'Ivan Tourgueniev...

Quelques lignes d'Ivan Tourgueniev...
Rien ne peut t'émouvoir, ô jeunesse! Tu sembles posséder tous les trésors de la terre; la tristesse elle-même te fait sourire, la douleur te pare. Tu es sûre de toi-même et, dans ta témérité, tu clames: " Voyez, je suis seule à vivre!..." Mais les jours s'écoulent, innombrables et sans laisser de trace; la matière dont tu es tissée fond comme cire au soleil, comme de la neige... Et- qui sait, -il se peut que ton bonheur ne réside pas dans ta toute-puissance, mais dans ta foi. Ta félicité serait de dépenser des énergies qui ne se trouvent point d'autre issue. Chacun de nous se croit très sérieusement prodigue et prétend avoir le droit de dire: " Oh! que n'aurais-je fait si je n'avais gaspillé mon temps! "

1860,
Ivan Tourgueniev est un écrivain russe dont les ½uvres sont teintés d'un fort impressionnisme. Il fût un ami de Sand, Flaubert, Goncourt, Mérimée ainsi que de Zola...

# Posté le samedi 23 février 2008 05:05

" Tout art est exorcisme": Otto Dix

" Tout art est exorcisme": Otto Dix
En 1910, Otto Dix intègre l'école d'arts de Dresde. Volontaire dans l'armée allemande lors de la Première Guerre mondiale, il est profondément affecté par cette expérience, comme en témoignent nombre de ses travaux. Il étudie ensuite à l'académie des arts de Dresde, et contribue à l'exposition Neue Sachlichkeit à Berlin, en 1925.

Il exprime à travers ses oeuvres sa perception du côté sombre de la vie, en particulier la guerre, s'inspirant d'images durement réalistes. Son travail est par ailleurs très critique envers la société contemporaine, à l'instar de celui de William Blake, un peintre, poète romantique britannique.

La montée du nazisme oblige Otto Dix à quitter son poste de professeur à l'Académie, étant considéré comme un artiste dégénéré. Il doit rejoindre la Chambre impériale des beaux-arts s'il veut continuer son travail, limité aux paysages. Il est arrêté puis relâché en 1939 pour complot contre Hitler.

Il ne rentre à Dresde qu'en 1946, où il se consacre à des allégories religieuses et à des oeuvres imprégnées de souffrance, dans un style purement expressionniste. Traumatisé par les deux guerres, Otto Dix s'éteint à Singen en 1969, laissant un lourd témoignage des horreurs humaines derrière lui.

Il s'agit ici d'une représentation de la journaliste Sylvia von Harden, se trouvant actuellement au centre Pompidou.

# Posté le lundi 18 février 2008 17:39