Lamartine: extrait du Recueil : Harmonies poétiques et religieuses...

Lamartine: extrait du Recueil : Harmonies poétiques et religieuses...
Il s'agit du Livre quatrième, Éternité de la nature, brièveté de l'homme

Eternité de la nature, brièveté de l'homme
Roulez dans vos sentiers de flamme,
Astres, rois de l'immensité!
Insultez, écrasez mon âme
Par votre presque éternité !
Et vous, comètes vagabondes,
Du divin océan des mondes
Débordement prodigieux,
Sortez des limites tracées,
Et révélez d'autres pensées
De celui qui pensa les cieux !

Triomphe, immortelle nature !
A qui la main pleine de jours
Prête des forces sans mesure,
Des temps qui renaissent toujours !
La mort retrempe ta puissance,
Donne, ravis, rends l'existence
A tout ce qui la puise en toi ;
Insecte éclos de ton sourire,
Je nais, je regarde et j'expire,
Marche et ne pense plus à moi!

Vieil océan, dans tes rivages
Flotte comme un ciel écumant,
Plus orageux que les nuages,
Plus lumineux qu'un firmament !
Pendant que les empires naissent,
Grandissent, tombent, disparaissent
Avec leurs générations,
Dresse tes bouillonnantes crêtes,
Bats ta rive! et dis aux: tempêtes :
Où sont les nids des nations?

Toi qui n'es pas lasse d'éclore
Depuis la naissance des jours.
Lève-toi, rayonnante aurore,
Couche-toi, lève-toi toujours !
Réfléchissez ses feux sublimes,
Neiges éclatantes des cimes,
Où le jour descend comme un roi !
Brillez, brillez pour me confondre,
Vous qu'un rayon du jour peut fondre,
Vous subsisterez plus que moi !

L'illustration représente le poète et homme politique français Alphonse de Lamartine,l'un des chefs de file du mouvement romantique auteur des Méditations poétiques, mais aussi fervent républicain et malheureux candidat à l'élection présidentielle contre Louis-Napoléon Bonaparte...
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# Posté le dimanche 10 février 2008 08:02

Modifié le lundi 25 février 2008 11:04

Abraham Lincoln, Honest Abe...

Abraham Lincoln, Honest Abe...
Abraham Lincoln,
Déclaration faite devant le Congrès en 1860 :

«Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort.

Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l'employeur.

Vous ne pouvez pas favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes.

Vous ne pouvez pas aider les pauvres en ruinant le riche.

Vous ne pouvez pas éviter les soucis en dépensant davantage que le gain.

Vous ne pouvez pas forger le caractère et le courage en décourageant l'initiative et l'indépendance.

Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant pour eux ce qu'ils devraient faire eux-mêmes.»


Issu d'un milieu modeste, Abraham Lincoln est très tôt animé par une volonté de réussite sociale. Après des études de droit, il commence une carrière politique alors qu'il n'a pas trente ans. Elu député républicain en 1834, il entre au Congrès en 1847. A partir de 1854, il défend l'introduction d'une législation esclavagiste dans le Kansas et le Nebraska. en 1860, son influence devient telle qu'il se porte candidat à la présidence du tout jeune parti républicain. Son élection soulève l'opposition des Etats esclavagistes et provoque immédiatement la sécession de la Caroline du Sud, puis de six autres Etats. Après avoir mené lui-même les opérations militaires, il en confie la direction au général Grant en mars 1864. Sorti vainqueur de la guerre civile, Abraham Lincoln met au point un programme de 'reconstruction', qui doit ménager les anciens Etats esclavagistes. Dès le 1er janvier 1863, il fait promulguer le décret d'émancipation des Noirs. Abraham Lincoln est assassiné, le 14 avril 1865, par un acteur sudiste, alors qu'il assiste à une représentation théâtrale. Sa mort a des conséquences dramatiques pour les Etats du Sud, livrés aux pillages sous les présidences de ses successeurs.

# Posté le samedi 09 février 2008 12:32

Modifié le lundi 25 février 2008 06:20

Il prete rosso, Antonio Vivaldi...

Il prete rosso, Antonio Vivaldi...
Grandiose ce virtuose de la période baroque!
Grandiose son oeuvre principale "Les quatre saisons"! Quel lyrisme!
Un de mes compositeurs préférés sans aucune contestation!

Le piano est certes le plus noble des instruments ( ce n'est pas moi qui oserais dire le contraire)! Mais le violon, il faut rendre hommage est magnifique également!

# Posté le lundi 04 février 2008 02:39

Tocqueville: " Cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible..."

Tocqueville: " Cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible..."
Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est a côté d'eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.
Au-dessus de ceux-la s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?
C'est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l'emploi du libre arbitre ; qu'il renferme l'action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu a peu chaque citoyen jusqu'à l'usage de lui-même. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.
Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.
J'ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu'on ne l'imagine avec quelques unes des formes extérieures de la liberté, et qu'il ne lui serait pas impossible de s'établir à l'ombre même de la souveraineté du peuple.
Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d'être conduits et l'envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l'un ni l'autre de ces instincts contraires, ils s'efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d'être en tutelle, en songeant qu'ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs. [...] Cet usage si important, mais si court et si rare, de leur libre arbitre, n'empêchera pas qu'ils ne perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d'agir par eux-mêmes, et qu'ils ne tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l'humanité.


De la démocratie en Amérique, Tome 2 (1840)
Quatrième partie, Chapitre VI

Neveu de Chateaubriand et arrière-petit fils de Malesherbes, Tocqueville dans l'expression de son "libéralisme inquiet" fût décidément très visionnaire à propos de la dégradation morale d'individus qui en fur et à mesure perdent l'exercice de leur libre arbitre sous l'influence d'un "despotisme doux" de l'Etat-providence et ont le goût de la sérvitude volontaire !
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# Posté le samedi 02 février 2008 13:11

Desillusion...

Desillusion...
"Travaillez plus pour qu'il taxe plus! " : telle devrait être la nouvelle devise de notre président!

Sarkozy n'a décidément rien d'un libéral! Sa "morale" politique se résume à un étatisme ,protectionnisme et conservatisme rythmés par un discours semblable à celui d'un pasteur évangéliste, tout cela avec une ignorance obstinée des aspirations réelles des français, des intentions malveillantes et des calculs politiciens des plus pathétiques! Notre "petit père des peuples" ne va pas tarder à clamer: " L'Etat c'est moi! "

Sarkozy en "digne" successeur de Chirac , le paysage politique français n'est décidément pas prêt à changer!
Mais Tocqueville avait bel et bien raison en disant: "Quelle triste chose que sur toute la terre les gouvernements soient toujours précisément aussi coquins que les moeurs de leurs sujets peuvent leur permettre de l'être."


Je crois d'abord en la force de l'être humain, dans une perspective totalement individualiste (étymologiquement: philosophie de l'individu) ! C'est cette force de l'individu et de facultés dont celui-ci est doté qui apportent la richesse et la force à l'ensemble de la civilisation! Ce n'est pas un Etat, ni un parti politique, qui tels des machines infernales anéantiront l'individu et l'esprit critique de ce dernier !

Le but d'une société libre doit d'être le plus possible de limiter le gouvernement des hommes par les hommes et d'accroître le gouvernement des hommes par les lois ! Une grande partie de ce qu'on appelle le gouvernement est pure imposture : c'est dans les mains des hommes que doit résider le pouvoir, et non le contraire !

Dans une société démocratique il y a une nécessité absolue d'un pouvoir susceptible d'arrêter le pouvoir si ce dernier dégénère ! Je suis triste de constater que ce pouvoir au sein de la majorité semble anéanti !

Je crois donc en un Etat minimal, ce qui probablement ne correspond guère à une vision umpiste de la politique ainsi ma place n'est pas dans ce parti, car un militant ne doit guère représenter la force du soutien permanent fusionnel avec le pouvoir en place et la technocratie du parti majoritaire mais la force de réflexion, du mouvement vers le progrès de la civilisation !

# Posté le mardi 29 janvier 2008 15:28

Modifié le dimanche 03 février 2008 08:19